Chronique limougeaude d’après guerre
Le 2 juin à la salle Berlioz, le 14 au Cirque théâtre, deux galas organisés par l'Assistance Française réunissaient les nombreux limougeauds qui ne jugent pas incompatible le fait de coopérer à une bonne œuvre tout en passant une excellente soirée. La réussite complète de ces deux réunions est la meilleure récompense souhaitée par les organisatrices. Elles sont heureuse de pouvoir ici adresser leurs remerciements à tous ceux qui, de loin ou de près, ont collaboré au succès commun, plus particulièrement à ceux qui leur ont offert bénévolement leur concours, lors du gala à la salle Berlioz : Monsieur Joliet et ses excellents acteurs, les chanteuses et danseuses amateurs et les si fraîches et pimpantes petites danseuses périgourdines des Ballets de madame Camblong. Nous n'oublions pas non plus les jeunes vendeuses qui distribuèrent bonbons et glaces.
Il nous est très agréable de décerner un mention spéciale à monsieur Daccord qui nous a aimablement fait don de la confiserie, à Monsieur Neuviale qui a abandonné une partie du prix des glaces au profit de notre œuvre, ainsi qu'à l'Echo du Centre, le Populaire et Monsieur Lavaurs qui, malgré le contingentement ont pu cependant nous faire, sur papier et sur calicot, une publicité majuscule.
L'affluence au Cirque-Théatre (jeux radiophonique de Jean- jacques Vital), a dépassé celle des grands soirs de catch. Toutefois, une pluie de sauterelles s'est abattue sur la recette sous la forme d'impôts, droits et taxes au calcul si subtil que nous pensâmes être obligé d'ajouter à nos frais déjà si lourds, celui de l'achat d'une table de logarithmes! La vente aux enchères d'un bel émail offert par la maison Fauré fit cependant pencher la balance du coté « profits » malgré les exigences de Monsieur Jean-Jacques Vital, qui, devant l'extraordinaire surcharge de l'orchestre et des gradins et la surpopulation du "paradis », se crut autorisé de traiter de chiffon de papier le contrat signé par lui et dans lequel il acceptait de voyager en 2éme classe. C'est donc en 1ére et à nos frais que Monsieur Vital rejoignit Paris. Il emporta d'ailleurs avec la gloire du succès l'intégralité de sa substance grise qu'il ne prit pas la peine d'entamer pour des provinciaux, inaptes selon lui, à démêler les astuces de ses questionnaires réservés sans doute aux seuls intellectuels parisiens.
Mais une hirondelle ne fait pas le printemps ni Monsieur Jean Jacques Vital, à lui tout seul, l'intérêt d'une soirée. Celle du Cirque fut un succès grâce à Michel Emer, Jay Laferière et Eddy Rasinni et aux trois gagnants parisiens, il va de soi, de «1ére Chance », vers lesquels allèrent, à juste titre, les plus drus de nos applaudissements. Bravo aussi aux jeunes gens et aux jeunes filles qui eurent le courage d'affronter les feux de la rampe et les sibyllines question de Monsieur Vital.
Nous tenons aussi à remercier tout particulièrement Madame Cazautets qui réussit, tout en conservant son aimable sourire, à repousser les vagues d'assaut de la dernière heure, sauvant ainsi d'une asphyxie certaine les spectateurs déjà soumis à un très strict rationnement d'espace vital. Madame Cazautets a abandonné au profit de l'Assistance Française son bénéfice sur la location de la salle. Qu'elle trouve ici l'expression de notre vive reconnaissance.
Remarqués dans la salle Berlioz et au Cirque : au gala de la salle Berlioz : Monsieur Dutheil, Sous Préfet de Rochechouard, Messieurs Guingouin et Chaudier. Au gala du Cirque : Monsieur Chaintron, Préfet de la Haute-Vienne, Monsieur Boursicot Commissaire de la République et Madame, Monsieur Dorsanne, Monsieur de Féligonde et Madame, Messieurs les Docteurs Périgord, Marsat, Faure et Verger-Pratoucy et leurs épouses.
P.C.C. Jean Claude Verger-Pratoucy
P.S. Cet article provient d'une coupure de presse retrouvée dans des papiers de famille. L'année et le nom du journal n'y figurent malheureusement pas. Quelqu'un peut-il nous aider à la dater ?


Commentaires
sduneigre@yahoo.fr le 06/03/2009 à 12:04:10Ce qui serait bien, c'est de savoir de quelle année est ce 2 juin ?
Et quel était le rôle de l'Assistance Française ?
Sylvie
verger-Pratoucy Jean Claude le 30/03/2009 à 18:29:47
Bonjour, oui trois questions n'ayant pas reçu de réponses à ce jour malgrè l'intervention de spécialistes de l'histoire du Limousin: l'année qui doit être 1945 ou 1946; le journal ou le périodique où cet article est paru; enfin qu'était "l'Assistance française"? Etait-elle le prolongement, le nouveau nom de l'association dite du "Parrainage des Enfants assistés" qui existait avant la guerre, jusqu'en 1940 et dont la Présidente était alors Madame Gavet?
Merci à l'avance pour toute indication.
sylvie duneigre le 30/03/2009 à 23:18:29
D'après Wikipedia, Pierre BOURSICOT est nommé commissaire de la République à Limoges en août 1944. Il est ensuite directeur général de la Sûreté nationale de 1946 à 1949. Mais sans précision sur le jour de 1946 à partir duquel il prend ses nouvelles fonctions.
Par ailleurs, je ne trouve pas le nom de DUTHEIL dans la liste des sous-préfets de Rochechouart. C'est Guy PAUCHOU qui l'était, du 14 septembre 1944 au 18 octobre 1945 et après lui Mr Maurice RICIER.
Enfin, Georges GUINGOUIN a été maire de Limoges de mai 1945 à 1947. il est un peu étonnant que l'article ne lui donne pas son titre, ou celui de président du Comité de Libération au Pasteur CHAUDIER qui l'a été dès août 1944...
Si l'on se fie à la carrière de Mr BOURSICOT, il 'agit pourtant de juin 1945.
Cordialement
Sylvie
verger-Pratoucy Jean Claude le 06/04/2009 à 23:25:08
Oui, j'avais eu le même genre de réflexions : pour Boursicot qui a été en place dès la Libération de Limoges,j'ai sûrement su le moment de son départ de Limoges mais je n'en est pas gardé le souvenir. Pour Dutheil, il est en effet surprenant que l'auteur de l'article se soit trompée de nom mais tout est possible.
Enfin, j'ai été encore plus étonné que les qualité de Georges Guingouin et du Pasteur Chaudier n'aient pas été mentionnées alors qu(il est certain que l'auteur les connaissait très bien l'un et l'autre!
Donc, sans doute 1945 mais pourquoi Juin plus que Mai voire Juillet?
sylvie duneigre le 07/04/2009 à 23:37:28
Bonsoir,
Vu dans un article récent consacré aux secouristes qui sont intervenus à Oradour sur Glane, entre les 13 et 19 juin 1944, le nom du capitaine de Féligonde, directeur de la Croix Rouge.
Peut-il s'agir du spectateur du gala du Cirque, cité dans cet article ?
Cordialement
Sylvie
verger-Pratoucy Jean Claude le 08/04/2009 à 16:57:54
Bonjour, oui, il s'agit bien de la même personne. Je crois d'ailleurs que l'auteur de l'article était avec lui à Oradour pendant les périodes citées.
Bien à vous.