La couade (lo couedo)

 

La fabrication de la couade

 

Un sujet d'actualité puisque nous vivons depuis quelques années des périodes de grande sécheresse et qu'on nous demande d'économiser l'eau.

Quel rapport avec la couade ? « Couédo » en patois limousin

 

La couade est un objet domestique qu'on a utilisé depuis le Moyen-Age jusqu'au XXème siècle.

C'est une sorte de grosse louche en bois au manche percé sur toute sa longueur. Avant la venue de l'eau courante dans toutes les maisons, on utilisait la couade à la manière d'un robinet : on en emplissait le bol dans le seau que l'on avait tiré du puits, à la fontaine …

 

 

Couades fabriquées à Troche (19)

http://www.conceze.com/troche/troche01.htm

 

La couade était posée à l'horizontal sur le rebord du seau et laissait doucement s'écouler l'eau dans l'évier (l'aiguiera)

La couade servait autrefois à se laver les mains, à se laver le corps.

 

Nous sommes nombreux à avoir connu la couade, encore fabriquée en Corrèze, à  Troche.

 

Catha nous en parle très bien :

 

Merci pour les souvenirs à propos de la "couade" ; le mince filet qu'elle délivrait contribuait fortement à économiser l'eau, d'autant qu'il fallait remonter cette dernière du fond du puits et porter le seau jusqu'à l'évier... le gaspillage, on ne connaissait pas !
Pour ma part, j'ai utilisé couade et seau en bois, mais je me rappelle qu'il a existé un certain temps des modèles en fer galvanisé ; ceux-ci résistaient mal à l'eau du village, très corrosive, et étaient souvent percés à tel point que, par exemple, on refaisait le fond du seau métallique avec un rond en bois de taille adaptée...

Une couade plus moderne, le bois a cédé le pas au plastique... (photo Catha)

Les derniers soubresauts de cette technique, dont vous n'avez peut-être plus souvenir, ont été l'usage de couades en plastique ! J'en ai conservé un exemplaire qui parait anachronique mais auquel je trouve beaucoup de charme.
S'il ne les possède pas déjà, je pense que Daniel K. va se lancer dans la quête de ces objets pour son musée, et que nous pourrons les admirer un de ces jours 

Ecoutons aussi Claude BOUTINAUD :

 

Un petit jeu de mots sur " lo couédo "
A lo féiro ya tsata un tout ré tout nio par crébé les couadés

Mot à mot  " à la foire j'ai acheté  tout  et rien pour percer les couades"
Autrement dit  : je n'ai rien acheté du tout à la foire !!

 

Et Annie ROYER :

 

 

Couade et seau fabriqués à Troche (19)

 

Cet instrument est fabriqué encore sur la commune de Troche en Corrèze. J'habite normalement à Lubersac et non à Oradour sur Vayres. Etant Corrézienne depuis plus de 43 ans, je connais et j'ai connu l'utilité de cette couade. Maintenant, c'est vrai qu'elle sert plus de décoration dans une maison. Mr Feydel fabrique toujours cet instrument et les vend surtout lors des Floralys de Concèze (à côté de Pompadour).

Sur la commune de Troche, il existait un groupe folklorique qui s'appelait la couade de Troche, avec également  des musiciens et des danseurs de Lubersac.

Au moins, avec la couade on faisait des économies d'eau maintenant on aurait tendance à laisser couler le robinet facilement, si l'on avait du aller chercher l'eau au puits, on y ferait certainement plus attention....

Vous ne croyez pas !

 

 

Transcription :  Marianne LAPLAUD

Remerciements pour leurs réponses à Annie ROYER, Catha, et Claude BOUTINAUD

sites sur le sujet :

http://www.conceze.com/troche/troche08.htm

http://repaire.des.reperes.over-blog.net/article-4286874-6.html

http://apella.ac-limoges.fr/ia19/ecoles/stcyr/eau/COUADE/COUADE.HTM

 



Article ajouté le 2007-03-28 , consulté 1965 fois

Commentaires


Jean-Claude Gherardi le 01/04/2007 à 17:07:51
Lorsque j'étais enfant courrait une devinette que je vous livre telle qu'elle me revient à la mémoire :
"Qui monte sur sa mère pour faire pipi ?"
Réponse .... La ...couade
Il en fallait peu pour nous amuser !
Alain CATHELOUX le 28/05/2007 à 15:41:13
Sauf erreur, j'écrirai plutôt :
a la feira, ai chatat un tot ren tot nueve (ou nuòu) per crebar las coadas...
reauly le 12/11/2007 à 07:01:28
Je suis un des derniers à parler ce patois dans la région de chalus je ne veux pas être magnifié pour cela mais seulement une remarque pour cette traduction ci-dessus.

<y tsata un tou ré> cela veut dire à mon avis <j'ai acheté une mêche bois pour trouer la couade> .Merci de m'avoir écouté.
cvilleneuve le 12/11/2007 à 07:35:53
Merci Reauly. Votre réponse semble plus logique, et surtout plus efficace pour percer la couade !
Claude Boutinaud site : http://aredius.chez-alice.fr | le 04/12/2007 à 10:32:56
Faut pas trop se prendre la tete avec " lu tou ré tout nio" c'était plus un jeu de mot que quelque chose de logique et de traduisible. Et c'était une manière de dire : ça ne te regarde pas, à la personne qui vous demandait
"qué tu tsata à lo féiro ?"

Non vous n'étes pas seul à parler le patois des environs de Chalus ou le son "che" n'existe pas
"yé tsanté " (je chante) "un tsami" (un chemin)
Je le pratique journellement, mais j'ai du m'adapter à l'accent du pays Arédien.

Je ne sais pas l'écrire , mais j'ai souvent remarqué que les personnes qui disent savoir,le parle mal ! ou alors personne ne les comprend !!
Comme quoi les parleurs comme les écrivaints ont encore des progrés à faire.
Claude


Claudinebidou le 17/05/2008 à 16:09:55
Bonjour
Je suis née à Lartimache de La Chapelle Montbrandeix, là où il y a le clédier non répertorié sur la région de Cussac...Pour la couade, il y a bien écrit "un tout ré" donc il ne peut y avoir omission du "un" donc la traduction "tout et rien" me paraît erronée. Il faudrait demander à M. Yves Lavalade, auteur d'un dictionnaire occitan/français, ce qu'il en pense? Je suis plus d'avis sur la mèche de bois. Durant toute mon enfance j'ai eu la couade jaune (et ma mémé mettait en haut du bol un caoutchou orange de bocaux pour l'empêcher de glisser du bord "de la selha". Si quelqu'un avait une couade jaune à vendre...Merci
claudinebidou le 17/05/2008 à 16:20:53
A Reauly qui habite dans la région de Châlus: ça n'a rien à voir avec la couade mais depuis plusieurs semaines je suis à la recherche du mot qu'employait mon pépé pour désigner en patois les pousses de chataîgniers qui repartent du pied et que l'on recoupe à nouveau. Comment s'appelle cette manoeuvre? Merci beaucoup
Christiane Villeneuve le 18/05/2008 à 09:19:44
Bonjour Claudine,
J'ai posé la question pour vous sur le groupe Chabatz d'entrar. Voici la réponse de Chantal D. :
"Mon grand' père vivait lui aussi à Chalus et coupait en hiver les "Gitolas" jeunes pousses de chataignier, qui une fois pelées en les chauffant, fendues finement optenait les "Quiéssas" pour faire paniers ou fauteuils."
Cordialement,
C. V.

Brout Guy le 13/11/2008 à 15:51:15
Moi çà me fait chaud au coeur de lire toutes ces commentaires et traductions du patois corrézien.
Je le parlais avec mon arrière grand mère dans les années 1940 ( elle ne parlait pas un seul mot de français) Nous habitions le village de Geneste Lagraulière. Maintenant en vacances j'essai de le parler avec ma voisine (village du TRONC) mais je le parle trés mal et je cherche mes mots.( peu de gens le parlent maintenant, c'est bien dommage)
sduneigre le 19/12/2008 à 22:26:05
J'ai tenté d'expliquer pendant des années ce qu'était cet ustensile que j'avais vu dans mon enfance, afin d'en savoir le nom. Mes explications ne devaient pas être limpides. Il faut dire que je ne savais même pas à quoi il servait. Mais intriguée, je l'étais.
En lisant cet article, j'ai enfin mes réponses !
Merci
Sylvie


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