Chabatz d'entrar !

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Cheissoux, de 1905 à 1950

C'est à Madeleine et André MEUNIER que nous devons cette étude sur la commune de Cheissoux réalisée à travers les délibérations des conseils municipaux. 

  

 

Avant 1905, date de la création de la commune, Cheissoux était rattachée à Bujaleuf.

 

Les premières élections ont lieu les 19 et 26 mars 1905, après le vote dans la salle d'école. Comme toute commune, Cheissoux aura à gérer un budget, à entretenir et créer des chemins  ruraux. Nous ne développerons pas ces parties. Nous nous attacherons à l'évolution de la vie quotidienne.

Signalons tout de suite le rôle social très important que joue la commune envers les familles nombreuses, les personnes défavorisées, tous ceux qu'on appelait les indigents, les incurables, les vieillards nécessiteux. Ainsi, elle paye le trousseau d'une jeune fille de 15 ans, dont les parents étaient pauvres, lors de son admission à l'école de sourds-muets de Limoges.

Quand les conscrits, qui étaient incorporés pour leurs deux années de service militaire, demandent à bénéficier de l'allocation journalière (1 F 75), la commission qui examine le dossier n'hésite pas à émettre un avis favorable.

1905, c'est l'année de la séparation entre l'Eglise et l'Etat.

Aussi, deux ans plus tard, pour respecter la loi du 02/01/1907:«Les édifices affectés à l'exercice du culte ainsi que les meubles les garnissant continueront à être laissés gratuitement à la disposition des fidèles et des ministres du culte», le conseil municipal revient sur sa première décision (faire payer une location au curé) et passe un bail avec le desservant.

A la nouvelle commune est revenue la tâche du partage des communaux, en1908.

Le champ communal dépendant de la section de Cheissoux avait été jusqu'à présent dans l'indivision, par tous les usufruitiers, sans soulever aucune difficulté relative à la jouissance.

Mais le procès intenté en justice de paix, à une femme, montra que quelques co-partageants tendaient à acquérir la prescription trentenaire pour jouir, à leur profit particulier et à l'exclusion des autres, des parcelles les plus fertiles et qu'il y avait là un danger, pour la conservation du champ communal, qu'il convenait de faire cesser.

La situation ne cesse de se dégrader, certains se permettant de clôturer certaines parcelles.

Aussi, il y a une vente aux enchères publiques du communal.

Cheissoux , point de jonction entre la Haute-Vienne et la Creuse, commune agricole mal desservie, éloignée de 16 km de la gare de St Léonard, de 14 km de celle de Châteauneuf-Bujaleuf, aimerait l'établissement d'un tramway électrique, et le fait savoir au cours d'une enquête prescrite, par le préfet, à l'établissement de tramways départementaux, de St Yriex à Bourganeuf. Aucune réalisation ne se produit.

Une construction d'écoles est achevée en 1911: il y a la classe des garçons (déjà existante), celle des filles, et la classe enfantine.

Ces locaux, il faut les équiper, notamment en mappemondes, cartes de géographie, et bibliothèques, avec des livres qui doivent être appropriés à la région du Limousin, à l'agriculture et à l'industrie du département. Ces livres que les familles aiment à lire pour occuper les longues soirées d'hiver…

L'horloge municipale orne la façade principale de la nouvelle construction scolaire.

Cheissoux, dans la tourmente de la première guerre  mondiale, le 18/05/1916 travaille en faveur des mutilés, invalides, convalescents tuberculeux et prisonniers de guerre.

Une œuvre patriotique est ouverte dans le département.

Le25/10/1917, c'est la distribution d'une somme de 100 F, de la part de la Croix-Rouge américaine, à la famille reconnue comme la plus nécessiteuse et la plus éprouvée par la guerre. Il y en a plusieurs, mais une est retenue:

10 enfants(6 garçons, 4 filles), les 5 garçons aînés sont tous mobilisés; le plus jeune sera appelé en 1918; 3 gendres mobilisés; un fils tué à l'ennemi; un autre grièvement blessé amputé de la jambe gauche; un gendre tué à l'ennemi; un autre dangereusement malade, signalé comme disparu depuis juillet 1916. La famille recueille aujourd'hui les enfants des gendres et brus et ne dispose que du fruit de son travail.

Le17/02/1918, une commission est chargée de veiller à une équitable distribution du pain aux familles qui n'ont ni blé, ni seigle et qui s'approvisionnent maintenant au dépôt de pain.

Au début des années 1920, deux lourdes préoccupations animent les conseillers.

D'abord, le service de l'autobus, de St Léonard à Bourganeuf, en passant par Cheissoux. Que de profondes déconvenues! D'abord, l'attente… Puis la déloyauté d'un exploitant de ligne, qui concurrence celui quia été choisi, se détourne de son itinéraire normal, et voilà Cheissoux  privé de tout transport direct avec St Léonard et sa gare, d'une part, et avec la Creuse d'autre part. Le conseil municipal interviendra énergiquement pour redresser la situation.

Puis la création de la place publique dont la lenteur de la réalisation défraiera la chronique! Cette place est établie pour partie sur l'ancien cimetière. En ce lieu se trouvait un pommier dont les fruits étaient vendus aux enchères pour le compte de la commune. En 1896, un propriétaire, de Cheissoux, demeurant dans une commune voisine, avait osé clore la place, y créer un jardin, et y construire une pêcherie dans laquelle il y conduit des eaux. Ce personnage, en 1923, ne cédant pas aux injonctions légitimes du maire qui lui réclame réparation, est poursuivi devant un tribunal compétent. Puis il est frappé d'expropriation.

Il faudra toute la diplomatie, en 1925, d'un nouveau maire, pour que justice soit faite et que la place de l'église devienne enfin la place publique.

Il est temps: c'est la date limite pour que la commune reçoive une subvention pour l'érection du monument aux morts.

Les foires de Cheissoux peuvent donc être créées, ce 10/11/1925.

Depuis1907, on en rêvait; on en parlait en réunion du conseil. Le projet était toujours ajourné, ou reporté. Puis la guerre est arrivée. Désormais, tous les 3èmes jeudis de chaque mois les forains et les clients peuvent se réunir sur la place du village. On se rend compte que c'est le même jour que les foires d'Eymoutiers. Donc, il faut les reporter aux vendredis. Au cours des années 30, force est de constater que le vendredi n'est pas un jour propice, et qu'il y a peu de monde en été. On choisit donc le mardi, les six mois de mauvaise saison. En 1939, elles n'existent plus.

Le local de la cabine téléphonique est dans la maison d'école, le petit cabinet attenant, de 6 m2, dont l'entrée est sur la route départementale n° 13, éloigné d'une vingtaine de mètres du logement de la gérante et rend de grands services dès 1923. Une sonnerie d'appel est donc indispensable.

Après d'interminables pourparlers, puis de longs travaux (à St Priest-Taurion on avait commencé après et on a fini avant), la «lumière» est enfin donnée par l'installation du réseau électrique. 

 Pour la bascule publique, l'idée est émise en 1928, votée le 19/01/1930. L'installation est achevée en 1932, vérifiée en1934.

Dès 1927 on réclame l'agrandissement du cimetière. La réglementation concernant les tarifs d'exhumation et d'inhumation s'établit suivant les cas: caveaux ou tombes.

Le 03/07/1929,un cyclone fait des dégâts dans les bâtiments et les propriétés cultivées: une déclaration en mairie s'impose pour les victimes.

Sans doute, cette catastrophe naturelle n'a-t-elle fait qu'accroître le délabrement du chemin n° 13 de grande circulation, dont l'état est de plus en plus dangereux et qu'on ne réparera vraiment qu'à la fin des années 30.

Mais à ce moment, l'heure est grave…Les événements se bousculent

Année 1939 :

05/10  Philippe Lebrun, maire, en remplacement de Armand Coupet, rappelle les circonstances pour lesquelles il a été choisi: mobilisation de A.Coupet.

Il demande à tous les conseillers de lui faire confiance pour gérer les affaires. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour l'intérêt de la commune. Il est accepté à l'unanimité.

Année 1940 :

10/01 Le CM est suspendu pendant la durée des hostilités

Suppression du service du vétérinaire, les foires étant supprimées depuis plus de 3 ans.

19/03  Service de la carte d'alimentation.

08/05  Oui à l'allocation pour les réfugiés mais rejet pour l'assistance médicale gratuite.

22/07  Autos admises à la circulation:

-Papounaud Henri, meunier au moulin de Cheisssoux

-Delangle André, commerçant affecté au service du ravitaillement de Cheissoux

-Jayounaud Léonard, cultivateur aux Combettes, pour le service du ravitaillement à Villemonteix

-Planchat Jules, épicier, commerçant, pour le ravitaillement et le transport.

25/08  Taxation des denrées alimentaires à cause de la pénurie de certains produits: lait, beurre,œufs, lapins, poulets, poules, canards, oies.

26/08  Le nombre de visites et d'ordonnances aux personnes admises à l'assistance médicale gratuiteest fixé.

18/10  Don des réfugiés:somme de 320 F remise au départ des réfugiés, à titre de reconnaissance. 50 Font été donnés à une personne très nécessiteuse. Le reste est destiné au bureau de bienfaisance et à l'entretien du monument aux morts.

Indemnité d'hébergement: taux attribué aux propriétaires ayant hébergé des réfugiés: 1F/pièce. Il serait préférable de fixer le tarif/personne pour qu'ils obtiennent une indemnité plus favorable. Le bureau perçoit cet argent et   en fait la répartition aux habitants.

09/11  Sports à l'école:en application des instructions transmises concernant le terrain scolaire sportif des enfants, il est de toute nécessité de fixer la désignation d'un terrain proche et convenable. Location de 100 f de l'enclos de Mr Voisin attenant la maison et le terrain.

La cantine scolaire ouvrira le 15/11 et le service sera assuré par une personne de confiance: Mme Catherine Arnaud.

Année 1941

06/05:  En raison de l'interdiction de toutes transactions dans le département , il faut créer un marché d'approvisionnement une fois par mois, le2° samedi , pour permettre et faciliter à la population d'écouler ses produits de basse-cour.

08/06:  Le président de la commune a été convoqué par le préfet à Limoges et demande le remboursement de ses frais de déplacement.

Année 1942

03/12: Un assistant du président demande le remboursement de ses frais lors de son trajet à Eymoutiers pour la répartition du bois de chauffage à fournir à la ville de Limoges.

Année 1943

20/07  Frais de déplacement à rembourser à l'assistant pour porter l'état des jeunes gens des classes 40,41, 42: état qui ne devait pas être envoyé, mais porté.

Année 1944

30/09  Installation de la délégation municipale en attendant les élections municipales:

Coupet Armand maire, Lhéritier François adjoint,

Conseillers: Delage Jean, Trimouillas André, Servaud Adrien, Baubiat Gabriel, Morterolles Jean, Ribière Louis.

14/10  Imposition en fourrage: pénurie dans la commune: fourrage nettement insuffisant pour ravitailler le cheptel communal, impossible de faire une imposition de foin.

Imposition en bois de chauffage: répartition entre les différentes personnes. Une imposition de 124 stères de bois pour 1944-1945.

Année 1945

15/05   PV des élections: Servaud Adrien maire, Delage Jean adjoint

Conseillers: Lhéritier, Baubiat, Bourdelas, Bouny, Bourcier,Trimouillas, Lerousseau, Delalandre

 02/06  Echange des billets de banque

Centre: Eymoutiers. Le maire a demandé au préfet que ce soit Bujaleuf.

Il est nécessaire de fournir des hommes pour assurer la garde pendant trois jours:trois équipes de dix hommes, chacune assurant le service pendant 24h.

02/08   Réajustement du traitement du cantonnier, du prix des concessions dans le cimetière.

Le téléphone a un mauvais fonctionnement (pannes).

Le boulanger, MrVincent Peyrot, demande qu'on lui attribue de l'essence.

Etant donné que la population est obligée d'effectuer de longs déplacements pour se ravitailler en pain, le CM demande au préfet de bien vouloir faire attribuer un supplément d'essence.

23/09   Autobus

Jean Delage signale que la ligne d'autobus St Julien-Limoges exploitée par Mr Montazaud ne fonctionne que quatre fois par semaine. Les habitants doivent se rendre au moulin de Cheissoux.. Certains en sont distants de quatre km. La plupart du temps la voiture est bondée dès son passage au moulin et on ne peut prendre certains voyageurs qui ont déjà effectué à pied un déplacement long et pénible. Donc on demande que la ligne fonctionne six jours par semaine et que le service soit assuré trois fois par semaine sur l'itinéraire direct:Cheissoux-Champnérery-St Léonard.

 Le gros souci de l'après-guerre est celui de l'adduction d'eau potable. En 1935, déjà, une demande avait été faite. Elle revient en force en 1947. Lemaire signale la situation anormale de la commune et précise qu'en cas d'incendie toute tentation de lutte serait vaine.

Le préfet répond que le service du génie rural compte procéder à une instruction locale.

En1948 la commune apprend qu'elle devrait contracter un emprunt de 4 millions représentant le montant approximatif de sa contribution. Effrayé par cette somme aussi élevée, le conseil ne peut qu'ajourner momentanément le projet. Heureusement, il sait, le 27/01/1950 qu'existent d'autres conditions de financement.

En 1947, on s'emploie, dans la commune, à la destruction d'animaux nuisibles et on reçoit une prime si l'on présente des œufs (de geais, éperviers, milans) ou des têtes de renards, blaireaux, putois, belettes, vipères…

Le conseil municipal décide, le 17/10/1948, d'acheter une cuisinière-fourneau pour permettre la préparation d'un repas complet aux enfants de l'école. Les parents, convoqués, sont favorables à ce projet. C'est donc du 02/11 au 31/03 que la dévouée Madame Arnaud cuisine pour les enfants. L'achat d'une table et de deux bancs pour la salle de cantine scolaire est vraiment indispensable.

En 1949, à la demande de l'inspecteur d'Académie, tous les enfants de 13 et 14 ans ont la joie de participer à un voyage scolaire jusqu'au bord de l'Océan, à Royan. Chaque élève sera pris en charge au départ de Limoges (la commune verse 550 F pour chacun d'eux) et la famille paie le transport de Cheissoux à Limoges où le train se formera.

Le monde rural est entrain de commencer ce qui sera sa profonde mutation à partir de la seconde moitié du XX° siècle.

La lecture des délibérations des conseils municipaux nous permet de vivre des pages de l'histoire de la France. C'est très intéressant. Que soient remerciés ici tous les secrétaires de mairie, de cette période, pour la qualité de la rédaction des compte-rendus, notamment MM Chapoutaud, Lacour, Thomas, Sautour, et bien d'autres…

 

Rillieux-la-Pape, le 10/01/2005    

Madeleine et André Meunier

 

        



12/10/2006
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