Chabatz d'entrar !

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Marie-Clémentine dite Suzanne VALADON (1865 -1938)

(Vous pouvez télécharger la version illustrée de cet article ICI)


C'est à Bessines-sur-Gartempe que la famille VALADON a ses racines.

Marie-Clémentine VALADON est née à Bessines-sur-Gartempe le 23 septembre 1865 de père inconnu dans la maison de la Veuve GUIMBAUD où sa mère Madelaine-Célina VALADON est lingère.

Sa mère aurait eu une liaison avec un certain Armand, employé sur le chantier des voies ferrées à Saint-Sulpice- Laurière.  Marie-Clémentine est née de cette relation.

Madelaine VALADON a été l'épouse de Léger COULAUD forgeron-mécanicien,  (mariage le 16 février 1849 à Bessines).

Le couple aura deux enfants :

Léger le 29 avril 1850, décédé le 1er octobre 1852.

Puis, Marie-Alix née le 29 septembre 1853. Marie-Alix a vraisemblablement eu une fille Gilberte.

Léger COULAUD sera arrêté à Ambazac, un jour de foire, pour fabrication de fausse monnaie. Il est conduit aux assises à Limoges puis envoyé au bagne en Guyane française, qui ironie du sort, se nomme la Montage d'Argent où il décède le 26 avril 1859.

Madelaine, décide de quitter Bessines où elle n'a plus sa place, pour gagner Paris. Depuis son veuvage, elle a repris son nom de VALADON.

A Paris, Madelaine travaille le jour comme femme de ménage et le soir comme repasseuse. Il lui reste donc peu de temps pour s'occuper de sa fille, qu'elle confie d'abord à une concierge. Marie-Clémentine suivra des cours dans école religieuse mais on supporte mal son indiscipline, elle est renvoyée de cette institution.

Dès 1877, elle quitte l'école et commence à travailler en occupant plusieurs petits emplois. Vers l'âge de 15 ans, Suzanne réalise son rêve d'enfant en devenant trapéziste au cirque ambulant «Molier», à la suite d'une chute ses espoirs s'envoleront.

Il ne lui reste que le dessin comme passe-temps. Elle crayonne sur les trottoirs autour du domicile familial. Sa mère n'apprécie pas du tout son goût immodéré pour le dessin qui ne la fera pas vivre.

Sa mère, Madeleine, qui a toujours mené une vie de labeur ne cache pas son mécontentement de voir sa fille de seize ans traîner dans les lieux mal famés tels que le Chat Noir ou le Lapin Agile.

C'est là qu'elle fera la connaissance d'un certain Boissy, assureur-chansonnier, puis de Miguel Utrillo y Molins, un aristocrate espagnol, homme de lettres et critique d'art.

Quand, à 18 ans, elle attend un enfant, elle ne sait pas qui est le père.

Son fils Maurice naît le 26 décembre 1883, 8 rue du Poteau au pied de la Butte Montmartre. L'héritage familial est lourd puisque pour la mère comme pour le fils il se fonde sur l'absence d'une paternité reconnue.

 Pour aider sa mère, elle porte le linge repassé chez les clients. C'est à cette occasion qu'elle fait la connaissance du peintre Pierre Puvis de Chavannes, dont elle devient le modèle. Elle se fera appeler « Maria ».

Assez vite, elle confiera l'enfant à, sa mère pendant qu'elle gagne sa vie comme modèle pour Pierre-Auguste Renoir qui deviendra son amant. Elle posera également pour Steinler, Henner et Zandomeneghi. Les grands maîtres reconnaissent rapidement son talent ; ils apprécient sa beauté, sa liberté et son caractère entier.

A cette époque elle exécute de très beaux dessins, surtout des portraits (mine de plomb, fusain, sanguine).

Elle réalisera en 1883 un autoportrait, ainsi qu'un portrait de sa mère.

Elle s'étourdira dans la vie de bohême de Montmartre, menant une vie nocturne intense et ne se préoccupant pas de son fils qui s'adonnera à la boisson dès l'adolescence.

En 1886 Marie-Clémentine et sa mère déménagent rue de Tourlaque, dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Très vite ils font connaissance. Sa petite taille (1,54 m), à peine plus grande que lui, plaît beaucoup à Toulouse-Lautrec, elle devient son modèle ainsi que sa maîtresse.

Depuis qu'elle fréquente Toulouse-Lautrec, elle se fait appeler Suzanne.

Après avoir découvert par hasard quelques dessins faits par Suzanne, il lui conseille de les montrer à Edgar Degas. Celui-ci est enthousiaste et Suzanne devient son élève et sa protégée. « Votre crayon d'autodidacte en remontrera à plus d'un », s'est-il extasié.  Comme lui, elle sera toute sa vie portraitiste. Quand, en 1888, Toulouse-Lautrec apprend que Suzanne veut l'épouser il rompt avec elle.

En 1893, elle devient d'abord la maîtresse du compositeur Erik Satie qui se passionne bientôt pour elle, l'appelant sa Biqui. Il compose pour elle ses Danses Gothiques tandis qu'elle fait son portrait. Six mois plus tard, le 20 juin, leur rupture laissera Satie le cœur brisé, « avec une solitude glaciale remplissant la tête de vide et le cœur de tristesse ». Elle sera sa seule liaison connue. Puis elle deviendra la maîtresse de son ami Paul Mousis. A la même époque elle commence la peinture à l'huile.

Le 27 janvier 1891 à la mairie du 9ème arrondissement de Paris, Miguel Utrillo reconnaît Maurice comme son fils bien que ce dernier le déteste. Maurice signera ses tableaux sous le nom de Utrillo V en souvenir de son patronyme d'origine.

En 1894, Suzanne Valadon est la première femme admise à la Société Nationale des Beaux-Arts.

En 1896 à la Mairie du 18ème arrondissement, Suzanne épouse Paul Mousis, fondé de pouvoir à la Banque de France, issu d'une famille bourgeoise ; ils s'installent au 12 de la rue Cortot en haut de la Butte Montmartre.                                                       

Sa situation financière confortable lui permet de se consacrer entièrement à la peinture et sa carrière d'artiste connaît un essor. En plus de la peinture, Degas lui enseigne la gravure et elle expose régulièrement. Maurice vit avec sa grand-mère mais à treize ans il boit déjà, se sent rejeté par sa mère. Il est de plus en plus désagréable avec « Maman Madeleine » qui ne peut venir à bout de ses frasques.

Suzanne a maintenant une vie rangée à côté de son mari ; elle se consacre à la peinture, mais ne s'occupe guère de son fils. A seize ans Maurice doit être interné à Sainte Anne, il continue à s'adonner à la boisson.

Quand il revient après une cure de désintoxication, en guise de psychothérapie, sa mère l'oblige à peindre pour l'occuper. Mais il continuera à boire, ce qui lui apportera régulièrement des problèmes.

Finalement il est mis à la porte par son beau-père.

Suzanne demande à André Utter, un ami de son fils, peintre amateur de 28 ans de poser pour son tableau Adam et Ève où elle se représente elle-même en tant qu'Eve.

Peu de temps après, Suzanne, âgée de 44 ans, quitte son mari après 13 ans de mariage pour aller vivre avec André Utter. Le divorce entre Paul Mousis et Suzanne Valadon est prononcé en 1911 par la Cour d'Appel du tribunal de la Seine aux torts de Suzanne. Elle conservera tout de même la maison atelier du 12 rue Cortot.

Suzanne Valadon, Maurice Utrillo et André Utter forment la fameuse « trinité maudite » connue pour ses excentricités autodestructrices.

Bien que les critiques soient favorables à l'œuvre de Suzanne et qu'elle fasse des expositions, elle ne vend pas beaucoup. Les peintures de Maurice Utrillo sont plus demandées, mais il les échange volontiers contre de la boisson.

Après un séjour à l'île d'Ouessant, le trio part pour la Corse. Suzanne peint des paysages et une toile intitulée « le lancement du filet » dont André sera le héros et qui figurera au Salon des Indépendants.

Le 1 septembre 1914 à la mairie du 18ème arrondissement de Paris, elle épouse André Utter.

Après la mort de sa mère, le 20 juin 1915, Suzanne se retrouve seule. Son dénuement est grand, elle ne s'est pas de quoi sera fait le lendemain. André s'est engagé, il a été envoyé dans l'Ain. Il lui manque.

Quand la guerre est finie Suzanne reprend ses activités picturales. Elle expose, entre autre, chez Berthe Weill mais ne vend pas beaucoup, au contraire de son fils qui connaît un succès grandissant. Maurice fait encore un séjour dans un asile, dont finalement il s'évade. Suzanne et André décident de le faire vivre de nouveau chez eux, sous leur surveillance. Ils ne peuvent l'empêcher de boire, mais depuis qu'Utter gère les affaires d'Utrillo, ils ont de nouveau de l'argent.

Suzanne est sollicitée de tous les côtés pour exposer et le trio vit une vie de luxe grâce à la vente des tableaux d'Utrillo qui atteint des chiffres considérables. A cette époque, ils achètent un château dans l'Ain à Saint Bernard.

C'est une maison forte du XIIIème siècle située au bord de la Saône. Ils l'ont occupée de 1923 à 1948 et ont fixé sur nombre de leurs toiles, les aspects les plus pittoresques de cette demeure.            

Maurice Utrillo est laissé au château sous la surveillance du concierge, tandis que Suzanne et André reviennent s'installer à Paris.

En 1932, une importante exposition des œuvres de Suzanne sera organisée avec un catalogue préfacé par Edouard Herriot. Mais les ventes sont quasiment nulles.
Maurice revient de nouveau vivre à Paris sous la surveillance de sa mère et de son beau-père.

L'union de Suzanne et André va mal. Utter l'abandonne pour s'installer dans un grenier rue Cortot.

En 1935 elle est hospitalisée suite à une crise aiguë d'urémie, cette première alerte la laissera épuisée.

C'est pendant cette période que la veuve d'un banquier belge, Lucie Valore, vient lui tenir compagnie.
Devant les inquiétudes de Suzanne qui se demande qui s'occupera de son fils après sa mort, Lucie dit qu'elle est prête à l'épouser. Maurice Utrillo, devenu catholique en 1933, épousera Lucie deux ans après.

Suzanne se retrouve seule et recommence à visiter les cafés et fume toujours autant. C'est là qu'elle rencontrera son dernier grand ami, le peintre Gazi le Tatar.

Suzanne vieillit, sa production diminue. Elle meurt d'une congestion cérébrale le 7 avril 1938 à la clinique Piccini à Paris. Maurice, pris d'une crise nerveuse, n'assistera pas aux obsèques de sa mère à Saint-Pierre de Montmartre. André Utter conduira le deuil entouré de nombreux peintres Picasso, Braque, Derain, et bien d'autres personnalités, Francis Carco, Edouard Herriot...

Elle sera inhumée au cimetière parisien de Saint-Ouen.

« J'ai eu de grands maîtres, j'ai tiré le meilleur d'eux-mêmes, de leur enseignement, et de leur exemple. Je me suis trouvée, je me suis faite et j'ai dit, je crois, ce que j'avais à dire ». Suzanne Valadon

Dominique ROSSI

Bibliographie

Thérèse Diamand Rosinsky, « Suzanne Valadon » Editions Flammarion

Jeanne CHAMPION, « Suzanne Valadon » Editions Fayard

Michel PEYRAMAURE, « Les escaliers de Montmartre » Editions Laffont

Liens :

http://www.toulouselautrec.free.fr/

http://collection.centrepompidou.fr/

http://www.ville-limoges.fr/limoges/weblimog.nsf/Tous+documents/031

http://www.chez.com/renoir/

http://essentielblog.pinacotheque.com/tag/suzanne-valadon/

http://www.ville-sannois.fr/content/heading10029/content10543.html





03/10/2008
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